Cet article fait partie de la série #CommonsTour2017 : pendant tout l’été, je vais sillonner la France et partager avec vous les histoires des communs que je rencontrerai sur ma route, sans savoir lesquels à l’avance.

Cette nouvelle carte postale sera forcément… ensoleillée ! Car s’il y a bien une caractéristique propre à Marseille, c’est sa lumière… C’est ce que j’ai découvert en y passant quelques jours sur l’invitation de Pierre-Alain, un commoner avec lequel j’avais déjà échangé lors de visios sur le thème des assemblées des communs. C’est ainsi que j’ai eu la chance de participer à la toute première réunion des commoners de la région PACA !

Pour bien démarrer les échanges, nous avons commencé par un bon petit restaurant sur le Vieux Port, forcément 🙂
Ce fut l’occasion de faire connaissance avec une dizaine de participant⋅e⋅s, et de découvrir la diversité de leurs profils et de leurs projets respectifs : du responsable associatif à la juriste en passant par la chercheuse, le doctorant et les gérants d’entreprise, la tablée ressemblait à l’idée que je me fais d’une assemblée des communs, c’est à dire un joyeux mélange de parcours hétéroclites.

Nous avons ensuite rejoint le MarsMedialab, un magnifique tiers-lieu de 350m² en plein cœur de la ville, pour démarrer la session de travail à proprement parler. L’objectif était très simple : réunir les bonnes volontés régionales autour de la question des communs. Et la problématique claire : que fait-on de ces bonnes volontés ? Quelles genres d'actions ce groupe peut-il mettre en place ? Quelle structure lui donner ?

Outre les personnes, le tour de table a permis de (re)découvrir un certain nombre de communs et d’initiatives emblématiques nationaux et locaux comme :

  • SavoirsCom1, un collectif engagé pour le développement de politiques et d’initiatives liées aux communs de la connaissance ;
  • Ars Industrialis, association culturelle créée par Bernard Stiegler, et dont la seule antenne régionale se situe à Marseille ;
  • L’Office, une structure qui accompagne les transitions culturelles, sociales, éducatives et économiques, d’une société “en régime numérique” vers une société “des communs” ;
  • H2H, une plateforme logicielle qui porte les projets de la coopérative d’habitants Hôtel du Nord ;
  • 1DLab, start-up de l’ESS (économie sociale et solidaire) ;
  • Mnemotix, une smart-up coopérative qui travaille sur la sémantisation des données ;
  • La ManuFabrik, une SCOP qui s’inscrit dans le champ d'action de l'éducation populaire ;
  • Pas Sans Nous, une association qui s’est donnée pour rôle d’être un syndicat des quartiers populaires,...

Les échanges ont été riches et très engagés. Les personnes présentes avaient à cœur de faire avancer concrètement les communs localement. Mais pour une première rencontre, il était important, avant de parler de projets précis, de partager une vision commune de l’organisation du groupe et des méthodologies à adopter pour travailler ensemble.

C’est dans cette optique que j’ai partagé les pratiques de l’Assemblée des Communs de Lille, et notamment le modèle de gouvernance que nous avons adopté dans notre collectif et qui fonctionne très bien depuis deux ans, la stigmergie. Appuyée par Pierre-Alain, déjà convaincu, j’ai pris soin d’insister sur l’importance de documenter les usages, de manière à faciliter l’insertion des nouveaux venus et à favoriser la transparence des processus.

Au cours de l’après-midi, la spécificité de la dynamique marseillaise m’est apparue sous deux formes :

  • d’une part, il semblait très clair qu’il y avait deux mouvements assez distincts. D’un côté les besoins liés à ce qui pourra ressembler à une Assemblée des Communs : cartographier les communs, créer du réseau,... et de l’autre des questions très pressantes et très concrètes à propos de la mise en place d’une économie des communs, ce qui relèverait plutôt d’une structure de type Chambre des Communs.
  • d’autre part, la région étant vaste, il semblait évident qu’au moins deux pôles géographiques majeurs se dessinaient : un groupe centré sur Marseille et ses alentours, et un autre plutôt ancré du côté de Sophia Antipolis.

Ce qui est ressorti également des échanges, c’est que chacun⋅e étant déjà bien engagé⋅e dans ses propres projets, le temps était forcément limité pour investir un nouveau collectif, ce qui ferait plutôt de l'assemblée une forme de "hub", de chambre d'écho des initiatives des uns et des autres. Mais la volonté d’apprendre à se connaître et de créer un véritable commun en travaillant ensemble à des initiatives concrètes était palpable.

Pour conclure, après la rencontre avec les commoners grenoblois⋅e⋅s, cet échange marseillais a achevé de me convaincre que les assemblées des communs sont des lieux de co-création tout à fait uniques, dans lesquels il ne faut surtout pas essayer d’appliquer un modèle théorique centralisé, mais bien accueillir les élans contributifs dans une dynamique ancrée localement et respectueuse des spécificités géographiques et historiques de chaque lieu d’implantation.

 

Pour aller plus loin :

 

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